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RessourceDéveloppement durable – RSENational

Phase II de l'électrification : une voie prometteuse, qui doit embarquer le plus grand nombre sur le long terme

22 oct. 2026
Le 15 octobre, Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Énergie, a présenté la seconde phase du plan « Électrifions la France » : 17 nouvelles mesures pour les ménages, les entreprises et les collectivités, dont la plupart entreront en vigueur au 1er janvier 2027 [1].

L'objectif affiché est de ramener la part des énergies fossiles dans la consommation finale de 60 % à 40 % d'ici 2030, comme inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) adoptée par décret le 12 février 2026 [2].

Ces annonces interviennent dans un contexte de crise énergétique durable liée aux tensions au Moyen-Orient qui touche les entreprises les plus exposées aux carburants (transport, BTP, artisanat).

Le contexte pousse les entreprises et la France à se défaire de leur dépendance énergétique aux importations fossiles. On note d'ailleurs une dynamique importante dans l'achat de véhicules électriques : la part de l'électrique dans les ventes de voitures neuves a doublé en un an [1], même si la pression de la conjoncture sur les transporteurs et l'urgence financière sont réelles [3].

En avril, nous avions porté trois priorités sur la phase I “Electrifions la France”: un soutien public stable, une tarification favorable à l’électricité et un raccordement plus rapide au réseau. Nous constatons certaines avancées sur ce dernier point, notamment.

En effet, la réforme de la file d'attente de RTE en Île-de-France, qui doit dégager au moins 1 GW, est une première étape bienvenue. Elle reste toutefois limitée à une région et aux grands consommateurs : le raccordement des bâtiments et des petits sites au réseau de distribution n'est pas encore traité. En parallèle, un Pacte de la flexibilité, signé entre l'État et huit acteurs dont EDF, vise à faire du pilotage des équipements électriques la norme [4]. Le soutien aux bornes pilotables répond au réel enjeu des réseaux intelligents, et l'obligation de transparence sur les prix de recharge s'attaque à la « jungle tarifaire en itinérance ». Ce sont là des freins opérationnels majeurs au passage à l'électrique qu’il convient en effet de lever.

Parmi les autres annonces, on note positivement l'aide à l'achat d'un véhicule utilitaire léger (VUL) électrique assemblé en Europe qui pourra atteindre 11 000 € avec un objectif de 20 000 véhicules. Ou encore les primes VUL « made in Europe » réservées aux TPE-PME, ainsi que l’autorisation de conduite d'un VUL électrique jusqu'à 4,25 tonnes avec le permis B, un besoin clairement exprimé par les artisans. Les aides jusqu'à 130 000 € pour un bus et 123 000 € pour un car fabriqués en Europe sont aussi les bienvenues. S’agissant du chauffage, le renforcement du soutien aux PAC collectives et tertiaires assorti de critères de qualité et de fabrication européenne va dans le bon sens.

L'extension de l'interdiction aux chaudières bio-fioul pénalise en revanche une technologie de transition utile, et sa suppression ferme une option à des ménages et entreprises qui ont investi en ce sens.

L'électrification reste un chantier au long cours. Elle n'est pas un simple acte technique pour une entreprise : elle suppose des changements technologiques, opérationnels, culturels, organisationnels, etc. à orchestrer de manière coordonnée. Et une hausse des prix des carburants ne se traduit pas mécaniquement en révolution électrique universelle au bénéfice de tous.

Pour embarquer le plus grand nombre, il reste donc essentiel de stabiliser et sanctuariser, les soutiens existants fléchés vers l'électrification ; de préserver une activité économique suffisante pour sécuriser et stimuler les investissements, ce que la crise énergétique actuelle rend plus difficile ; et de sécuriser sur le long terme notre accès aux ressources, minerais critiques, technologies européennes et réseaux. Un message que Les Entrepreneurs comptent porter encore longtemps afin de sécuriser notre souveraineté énergétique et économique.

[1] Ministère de l'Économie, « Lancement de la seconde phase du plan d'électrification », 15 octobre 2026.

[2] Décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie, JO du 13 février 2026.

[3] Note de conjoncture 1er semestre et 2e semestre 2026, FNTR.

[4] Électrifions la France, « Création d'un pacte de la flexibilité entre l'État et la filière électrique », octobre 2026.

[5] Gallium et germanium : prix proches du doublement en Europe en un an (Financial Times, repris par TrendForce, août 2024) ; antimoine : prix en hausse de 200 % depuis les restrictions de septembre 2024 (Le Petit Journal).